TRIBUNE LIBRE

Tombeau pour une bobo naïve.

24 Novembre 2015 , Rédigé par Oreliane Publié dans #Oreliane

Tombeau pour une bobo naïve.
Rien n'est jamais plus beau qu'une altermondialiste
Persuadée de connaître la vérité suprême,
Imposant sa morale à grand coup d'anathèmes,
Avant de succomber sous ceux d'un islamiste.
 
Elle avait toujours su qu'elle était différente,
Toute petite déjà, elle évitait les siens
Elle rêvait de l'Autre, Africo-maghrébin
Et d'un enfant métisse, comme fruit de leur entente.
 
Elle avait bien appris ses leçons à l'école :
Culpabilisation et colonisation,
Esclavagisme, repentance et flagellation,
Loin de Rabelais et de son roi Picrochole.
 
Elle avait en horreur les symboles du pays
Qu'ils soient républicains ou de la monarchie,
Elle haïssait surtout son hymne national, 
Vomissant le "sang impur" au sens littéral.
 
Elle aimait rappeler à qui voulait l'entendre 
Qu'"être né quelque part" ne suffit à prétendre
L'adhésion au pays, tout en faisant procès
Aux "être né en France n'est pas être Français".
 
Elle avait de sa mère, féministe convaincue,
hérité du mépris à l'égard du "mâle blanc",
De son père cégétiste, profession inconnue,
Le goût et la façon de savoir faire semblant.
 
Elle s'excusait partout de n'être que Française,
Point d'ascendance algérienne ni sénégalaise,
Rien que du franchouillard pour généalogie,
Elle réfutait les lois de cette biologie.
 
Elle s'imaginait princesse dans un harem 
Ou épouse d'un imam, sans doute la quatrième.
Un mari, deux enfants, une maison et un chien
Ne satisfaisaient pas son envie de lointain.
 
Elle voyageait beaucoup mais dans sa tête surtout.
Bali et Marrakech, Tunis et Tombouctou
Avaient sa préférence, après quelques volutes,
Substances illégales certes, qui renforçaient sa lutte.
 
Elle se disait artiste mais artiste engagée,
Sur son CV elle était porteuse de projets
L'adresse de ses parents, aux portes de Neuilly,
L'exonérait par Pôle Emploi d'être suivie.
 
Elle revendiquait le "droit à la différence",
Boubous et djellabas avaient sa préférence
Au nom d'une sacro-sainte coallahboration
Entre fascination et pointe de contrition.
 
Par solidarité avec ses potes arabes, 
Et malgré les gastros, elle mangeait du kebab.
Elle considérait qu'il faut exemple donner,
Se sacrifier au détriment de sa santé.
 
Elle avait adhéré à SOS racisme
Justement pour le "s" manquant, par masochisme.
Elle se voulait martyre d'une discrimination,
Celle qui impose à l'Autre, son assimilation.
 
Elle pratiquait assidument sur internet
Chasse au facho et politiquement correct,
Signalant sans relâche les phobes francophiles,
Tout en affichant tolérante sur son profil.
 
Sur sa bannière facebook, un "welcome réfugiés"
Qu'elle se gardait pourtant de pouvoir accueillir,
Papa, maman n'ayant voulu y consentir.
Elle rageait de son statut de privilégiée.
 
Elle s'était découvert une passion des manifs
Où elle faisait valoir son esprit créatif.
Elle était fière d'avoir trouvé, après le drame,
Un "contre la barbarie et les amalgames".
 
Elle se piquait au jeu du "free hugs" dans la rue,
Bécotant, câlinant de parfaits inconnus,
Au nom du vivre-ensemble et autres coquecigrues,
"Même pas peur" disait-elle, angélique ingénue.
 
Elle est morte un matin d'une lame bien aiguisée
Sous les coups répétés d'un déséquilibré,
Sous le joug d'un mourir-ensemble célébré
Et du sempiternel fôpastigmatiser...

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caroline artus 16/12/2015 10:56

Mordant à souhait, Oréliane ! Et la fin, ah, la fin...