TRIBUNE LIBRE

Repose en paix, démocratie.

29 Mai 2015 , Rédigé par Jean Némarre Publié dans #Europe

Il y a dix ans, jour pour jour, les Français étaient interrogés par référendum sur la constitution pour l'Europe, démarrant en même temps le processus d'assassinat de la démocratie.

Repose en paix, démocratie.

Le 29 mai 2005, nos dirigeants nous ont posé cette question : "Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe ?". Le "non" l'a emporté avec plus de 54% malgré le rouleau compresseur médiatique qui, comme d'habitude, a mis le paquet sur la propagande. Deux jours après, c'était au tour des Pays-Bas de rejeter ce texte.

Repose en paix, démocratie.

Suite au rejet de la Constitution, les gouvernements européens ont préparé le traité de Lisbonne en reprenant les principaux éléments de la constitution qui a été rejetée par les Français et en les renvoyant par voie d'amendements aux deux traités existants : ceux de Rome et de Maastricht. Étant donné qu'il ne s'agissait plus techniquement d'une "constitution européenne", les élus UMP et PS, main dans la main, ont pu ratifier cette révision par voie parlementaire en 2008, passant outre le vote des Français.

La démocratie Française est donc morte le 8 février 2008, sa tête ayant été mise à prix trois ans plus tôt. Nicolas Sarkozy l'a mise en joue et a appuyé sur la détente. Ce même Nicolas Sarkozy qui voudrait que son groupe de traitres à la nation portent désormais le nom de "Républicains" alors qu'ils ont allègrement déféqué sur la volonté des Français il y a sept ans. Malgré cela, pour le député UMP Henri Guaino, "Le peuple n'a pas été méprisé sur le traité constitutionnel européen". Quand le peuple dit "non" et qu'une poignée d'élites disent "on s'en fout, ça sera oui quand même", je pense qu'il est juste d'affirmer que le peuple Français a été ignoré avec le plus grand des mépris.

Dix ans après, selon un sondage organisé par le Figaro, si la question du référendum de 2005 était reposée, les Français voteraient "non" pour 62 % d'entre eux, soit 7% de plus qu'à l’époque. Mais étant donné que la démocratie est morte et enterrée, vous avez donc compris que l'on ne vous reposera pas la question...

Repose en paix, démocratie.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article